Santé masculine : pourquoi les hommes en parlent si peu ?
Santé masculine : pourquoi les hommes en parlent si peu ?
On ne va pas se mentir : parler de sa santé, pour nous les hommes, c’est souvent compliqué. Une étude récente le confirme : 81% des hommes ont déjà vécu une situation de malaise ou de difficulté à évoquer leur santé. Alors qu’est-ce qui coince vraiment ?
Le déni : notre pire ennemi
Un tiers des hommes admettent être dans le déni concernant leur santé. “Ça va passer”, “C’est rien”, “J’ai connu pire”… Ces phrases, on les a tous prononcées au moins une fois. Le problème ? En minimisant les symptômes, on repousse le moment de consulter. Et plus on attend, plus le problème peut s’aggraver.
Le déni, c’est cette petite voix qui nous dit qu’on est invincible, qu’on n’a pas besoin d’aide. C’est aussi culturel : depuis gamins, on nous apprend à serrer les dents, à ne pas se plaindre. Résultat : on ignore parfois les signaux d’alerte que notre corps nous envoie, alors qu’adopter de meilleures habitudes, comme faire du sport ou surveiller son équilibre cardiovasculaire.
La peur du jugement : le frein invisible
32% des hommes craignent d’être jugés s’ils parlent de leur santé. Jugés par qui ? Par les médecins, par leurs proches, par leurs collègues. Cette peur est tenace. On imagine déjà les remarques : “T’es douillet”, “C’est dans ta tête”, “Fais un peu de sport et ça ira mieux”.
Cette crainte du jugement nous pousse à garder nos problèmes pour nous. Résultat : on consulte trop tard, quand la situation est déjà dégradée. Or, un médecin est là pour soigner, pas pour juger. Et vos proches ? Ils préfèrent que vous en parliez plutôt que de vous voir souffrir en silence. Dans certains cas, comprendre la différence entre bon et mauvais stress peut déjà aider à mieux réagir.
La honte : ce sentiment qui paralyse
30% des hommes ressentent de la honte à l’idée d’évoquer certains problèmes de santé. Particulièrement quand il s’agit de sujets intimes : troubles de l’érection, problèmes urinaires, douleurs testiculaires, santé mentale…
Cette honte est alimentée par l’image de la virilité qu’on nous vend : un “vrai homme” ne tombe pas malade, ne montre pas ses faiblesses, ne demande pas d’aide. Sauf que c’est complètement faux. Avoir un problème de santé n’a rien à voir avec la virilité. C’est juste… humain.
La culpabilité : et si c’était de ma faute ?
28% des hommes se sentent coupables de leurs problèmes de santé. “J’aurais dû faire plus de sport”, “J’ai moins bien mangé cette année”, ou encore “Je n’aurais pas dû ignorer ma fatigue”. Dans certains cas, rééquilibrer son mode de vie ou s’aider ponctuellement avec un complément alimentaire adapté peut contribuer à retrouver de l’énergie ou à prévenir certaines carences, notamment lorsque la fatigue devient chronique.
Votre médecin traitant est là pour vous orienter, de vous rassurer. Si nécessaire, il vous dirigera vers un spécialiste. Mais il faut franchir ce premier pas. Et si votre médecin traitant n’est pas disponible tout de suite (on sait combien il est compliqué d’avoir un rendez-vous facilement par les temps qui courent), n’hésitez pas à en parler à votre pharmacien. Il peut être un très bon conseil pour désamorcer vos questionnements, surtout si vous traversez une période de fatigue persistante.
Les jeunes hommes : plus exposés ou plus libres d’en parler ?
Fait intéressant : les hommes de moins de 35 ans déclarent davantage avoir rencontré ces difficultés. Sont-ils vraiment plus exposés que leurs aînés, ou ont-ils simplement plus de facilité à exprimer ces obstacles ?
Les deux probablement. Cette génération grandit avec plus d’ouverture sur les questions de santé mentale et de bien-être. Ils osent davantage verbaliser leurs difficultés. C’est encourageant, mais ça montre aussi que le chemin est encore long.
Comment débloquer la situation ?
Étape 1 : Reconnaissez que c’est normal d’avoir des problèmes de santé. Vous n’êtes ni faible, ni défaillant. Vous êtes humain.
Étape 2 : Identifiez votre frein personnel. Est-ce le déni ? La peur ? La honte ? La culpabilité ? Nommer l’obstacle, c’est déjà commencer à le dépasser.
Étape 3 : Trouvez la bonne personne. Un médecin en qui vous avez confiance, votre pharmacien, un proche bienveillant, ou même un forum anonyme pour commencer. L’essentiel est de briser le silence.
Étape 4 : Préparez votre rendez-vous. Notez vos symptômes, vos questions. Ça vous aidera à être plus clair et à ne rien oublier.
Étape 5 : Rappelez-vous que consulter, c’est prendre soin de vous. Ce n’est pas un aveu de faiblesse, c’est un acte de responsabilité envers vous-même et vos proches.
Le mot de la fin
Messieurs, il est temps de changer de paradigme. Parler de sa santé n’est pas une option, c’est une nécessité. Votre corps vous envoie des signaux. Écoutez-les. Votre entourage s’inquiète. Rassurez-les en prenant soin de vous.
Et si vous avez du mal à franchir le pas, commencez petit : un bilan sanguin annuel, une question à votre pharmacien, ou même un premier intérêt pour ce qu’est un complément alimentaire. Chaque petit pas compte. Parce qu’au final, prendre soin de sa santé, c’est se donner les moyens de profiter pleinement de sa vie.